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Syndrome du côlon irritable : 7 trucs pour mieux le gérer

Le désir d’aider les autres part souvent d’une expérience difficile qu’on aimerait éviter aux autres. Ici, je raconterai d’abord mon expérience personnelle avec mes symptômes gastrointestinaux. Si ce n’est pas le genre d’histoire qui vous intéresse, passez directement à la partie 2 où vous trouverez des conseils de base pour gérer les symptômes du syndrome du côlon irritable (SCI).





PARTIE 1: Mon expérience


Pour moi, ça a commencé à l’université. Je ne peux pas relier le tout à un événement en particulier, je me rappelle seulement de l’inconfort qui a commencé. Ballonnements importants, douleurs, bruits intestinaux gênants faisaient partie de mon inconfort. Ce n’était pas le pire pour moi. Le pire, c’était l’anxiété que ça me causait. Devoir avoir une connaissance des toilettes à proximité, gérer mes repas en fonction de mes cours pour éviter l’humiliation que tout le monde entende mon ventre, pire, pendant un examen!


J’ai pris des rendez-vous avec mon médecin. On me dit de faire un journal alimentaire, noter tout ce que je mange et essayer de relier mes symptômes aux aliments, sans plus d’indications. Oui, j’étudie en nutrition à ce moment-là, mais je ne suis pas encore rendue à mes cours cliniques, je ne sais pas du tout quoi faire avec cette information.


Test pour la maladie cœliaque et autres prises de sang, tout est beau. Après quelques rencontres, mon médecin ne sait plus quoi me dire pour expliquer mes symptômes, car rien ne semble anormal. Sauf que moi, je ne me sens pas bien. En plus de mes symptômes, je suis encore obsédée par cette anxiété et j’en souffre de plus en plus, j’en pleure parce que je ne sais juste plus quoi faire pour me sentir mieux et on ne me donne aucune explication, on ne semble pas vouloir pousser plus loin. La conclusion : probablement un côlon irritable… tu devrais peut-être voir un.e naturopathe, ils sont meilleurs que les médecins avec ces choses-là d’habitude.


Est-ce que je suis allée? Absolument. À ce moment, je suis désespérée, rien ne me soulage et je n’ai pas la pensée critique que j’ai maintenant avec le système de santé et les professionnels qui pourraient m’aider. C’est la ressource que mon MÉDECIN me propose, ce professionnel qui est en charge de ma santé. Et je veux juste me sentir mieux. Par contre, je ne suis allée qu’à un seul rendez-vous. En plus de sortir de là avec une liste d’aliments à éliminer, des produits à acheter et une facture TRÈS salée, j’ai eu droit à des explications complètements étranges et une série de tests tout aussi bizarres. Je n’ai pas aimé ça du tout, je me rappelle de me sentir encore plus angoissée parce que maintenant j’avais dépensé une somme énorme pour une étudiante et je me sentais complètement stupide d’être allée à ce rendez-vous. Pourquoi ne pas avoir consulté un.e nutritionniste? J'avais honte de ne pas savoir quoi faire, étant moi-même aux études en nutrition. Aujourd'hui, je consulterais une autre nutritionniste sans problème pour un problème avec lequel je ne suis pas spécialisée, parce que je comprends qu'on ne peut pas être expert dans tout!


Avec le recul, avoir vécu cette expérience m'a permis de mieux comprendre à quel point on veut faire n’importe quoi pour se sentir mieux quand des symptômes nous causent inconfort, douleur et anxiété et que personne ne répond à nos questions ou nous guide avec des pistes de solutions à explorer. Mon médecin, je l’adorais. Je ne veux pas imaginer comment c’est pour ceux qui ont une relation difficile avec le/la leur.


Après tout ça, je ne voyais aucune amélioration dans mes symptômes, j'avais de plus en plus de crises de larmes, je me sentais vraiment désemparée. J'ai finis par décider d’aller voir un autre médecin en clinique sans rendez-vous. Après un examen rapide, la conclusion : probablement des intolérances dû à un syndrome du côlon irritable (SCI), fais un journal alimentaire. Encore sans explication ni tests pour pousser plus loin.


J’ai fini par me développer des trucs. Trouver des salles de bain tranquilles où je pouvais aller sans avoir peur du jugement des autres. Développer un timing pour mes repas pour minimiser les inconforts et bruits intestinaux pendant les cours. J’avais développé une espèce de danse tellement je bougeais sur ma chaise pour éviter que les autres entendent mon ventre et pour pallier à l’inconfort. Dois-je préciser que j’avais beaucoup de difficulté à me concentrer en classe, parce que je dirigeais beaucoup de mon attention vers ça? Comme bien des gens, j’ai essayé d’éliminer temporairement des aliments, mais rien ne fonctionnait.


Ce n’est que lorsque je suis arrivée à la fin de mes études que j’ai fini par acquérir les connaissances nécessaires pour contrôler mon SCI. J’ai appris les notions de bases, et j’ai pu mieux contrôler mes symptômes. Éventuellement, j’ai entendu parler de la diète FODMAP et j’ai approfondi mes connaissances sur le sujet. À ce moment-là, mes symptômes étaient beaucoup mieux, mais ça m’a permis de mieux comprendre ce qui se passait dans mon corps et l’influence des choix alimentaires que je faisais.


PARTIE 2: 7 trucs pour mieux gérer vos symptômes gastrointestinaux


Des symptômes gastro-intestinaux ou SCI sont communs avec certaines conditions causant de la douleur chronique comme la fibromyalgie. Je veux donc vous donner quelques indicateurs qui pourraient vous aider si vous avez le même genre de symptômes. Je ne parlerai pas de la diète FODMAP, mais d’autres choses qu’il faut considérer AVANT d’envisager cette diète. Je vais tout de même prendre le temps d’en expliquer brièvement quelques points importants. C’est une diète d’élimination qui cible des glucides, incluant des sucres et des fibres, qui, chez certaines personnes, peuvent être fermentés par les bactéries de l’intestin et causer des symptômes. C’est une diète TEMPORAIRE et COMPLEXE, et vous ne devriez pas la suivre sans l’appui d’un.e nutritionniste qui s’y connaît, car vous risqueriez de vous décourager, de mal la suivre et avoir de la difficulté à repérer vos déclencheurs alimentaires et d’éliminer beaucoup trop d’aliments pour rien. Commencez donc par d’abord considérer les points suivants :


1- Attention aux aliments communs causant des gaz/ballonnements

Une liste très courte d’aliments qui produisent des gaz chez plusieurs comme le chou de Bruxelles, les légumineuses, l’ail et les oignons. Comme mes clients sourcillent toujours à ces deux derniers, je précise que les huiles infusées à l’ail et l’oignon permettent de conserver la saveur sans les désagréments digestifs potentiels!


Évidemment, si vous avez des intolérances claires et connues, il faut éviter ou limiter ces aliments selon votre tolérance. Si ce n’est pas le cas, il n’est pas conseillé de tenter d’éliminer des aliments, comme de suivre la diète FODMAP, par vous- même. Comme je l’ai déjà mentionné, vous risquez soit d’éliminer trop d’aliments de façon permanente ou d’avoir des carences, mais en plus d’être complètement malheureux.se et frustré.e par rapport à votre alimentation.


2- Mangez des plus petits repas et plus fréquemment, idéalement à des heures fixes.

Ça évite de surcharger le système digestif et peu aider à réduire les ballonnements. Ne sautez surtout pas de repas pour éviter les symptômes!


3- Restez hydratés

C’est toujours important. Si vous souffrez de constipation surtout, ça aidera beaucoup. Si vous essayez de manger plus de fibres, c’est aussi crucial d’augmenter votre hydratation, sinon les symptômes digestifs augmenteront. Limitez également votre consommation en caféine, car elle stimule l’intestin et peut exacerber les diarrhées.


4- Limitez votre consommation de sucres raffinés et d’édulcorants

Une grande quantité de sucre raffiné dans l’alimentation peut augmenter les diarrhées et inconforts digestifs, car des grandes quantités de sucre peuvent attirer l’eau dans les intestins. Certains édulcorants (« faux sucres ») peuvent également augmenter les symptômes chez les gens ayant un SCI, il faut donc éviter les produits « diète », légers ou sans sucre qui en contiennent souvent. Le mieux est de manger du sucre, mais en réduire la quantité totale dans notre alimentation.


5- Essayez de bouger plus pendant la journée

Une grosse partie de mon problème à l’université. J’étais parfois sur les lieux pendant 12-13 heures, car j’avais des cours le matin et le soir, et j’en profitais pour étudier et avancer les travaux d’équipe. Ce qui veut dire que je passais des longues heures assise. La marche est l’une des activités qui aide le plus pour les gaz/ballonnements et la constipation, voyez-le comme un massage pour vos intestins. Certaines positions de yoga aident beaucoup également. Si votre SCI est plus de type diarrhée, attention aux activités très intenses par contre, qui peuvent empirer les symptômes.


6- Quand vous devez aller aux toilettes… allez-y!

Un autre point non-négligeable auquel on ne pense pas toujours. C’est en fait un critère diagnostique du SCI : la défécation apporte un soulagement des symptômes. Ça semble si simple, mais ça ne l’est pas toujours. Beaucoup ne veulent pas y aller dans des toilettes publiques par exemple. Alors je vais dire ceci : arrêtez de juger les gens qui défèquent dans les toilettes publiques!!! C’est à ça que ça sert une toilette!! Sinon, plusieurs se développent des trucs comme des moments plus tranquilles ou des toilettes moins utilisées où ils seront sûrs de ne pas être dérangés.


7- Travaillez sur la gestion du stress

Le SCI est très individuel, tout le monde réagit différemment aux points mentionnés précédemment et c’est vrai pour le stress également. Certaines personnes sont plus affectées par le stress que d’autres, mais celui-ci a tendance à accentuer les symptômes. Peut-être avez-vous déjà eu très mal au ventre avant une grosse présentation très stressante, ou connaissez quelqu’un qui réagit de cette façon? Vous vous connaissez le mieux, et savez ce qui est le mieux pour vous question gestion du stress. Activité physique, yoga, méditation peuvent être suffisants pour certains, mais si vous gérer beaucoup de stress et avez beaucoup de pression sur les épaules, consulter un psychologue peut vous aider grandement.


Évidemment, ces conseils sont des pistes de solution, mais ne remplaceront pas le soutien d’un professionnel de la santé. Je l’ai déjà dit, je le répète : un suivi avec un.e nutritionniste peut non seulement vous éviter des erreurs qui vous empêcheraient d’identifier vous-mêmes vos déclencheurs alimentaires, mais surtout vous apporter un soutien pour éviter de vous décourager et que votre relation avec l’alimentation devienne un enfer. Restez à l’affut, car je rendrai bientôt disponible mon journal alimentaire et de symptômes pour vous aider à y voir plus clair.



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